mardi 4 février 2014

Le "pourquoi" du "comment" du "voilà pourquoi" de la justification de mauvaise foi.

J'ai toujours eu un faible pour l'absence de mouvements.
La lenteur des actions, les personnages apathiques, le minimalisme sont des thèmes que je me prend de plus en plus à adorer.
Et quand il vient le moment d'exprimer ces sujets, je trouve, paradoxalement, que la peinture est probablement un des médiums qui s'y prête le moins ; la peinture (en tant que scène et média) étant déjà immobile, elle laisse en général (à moins d'une habile mise en scène) l’appréciation du temps qui passe au spectateur seulement.
Elle ne permet pas, comme le fait le cinéma ou la bande-dessinée, de maîtriser l'allure de la narration.

C'est précisément ce qui m'a clairement accroché aux bandes-dessinées (que je vais appeler "comics" dans la suite de l'article, car je trouve le nom "bande-dessinées" à la fois long ET ridicule), où maîtriser la narration est quelque peu plus complexe qu'au cinéma ; il y a en effet tout un tas de choses dont on ne se rend pas spécialement compte en tant que lecteur, mais qui conditionnent clairement notre façon apprécier le temps. Bon, j'vais pas faire un cours là-dessus, si ça vous intéresse, lisez "L'art invisible" de Scott McCloud, qui décrit tout cela et bien plus encore parfaitement.

Quoi qu'il en soit, à force d'en lire des tonnes, j'ai essayé d'en faire, et ai accompli quelques (ÉNORMÉMENT) tentatives de me mettre à ce type d'écrit/dessin, depuis l'âge de 10 ans jusqu’à maintenant.

Et on en vient ENFIN au sujet de l'article, qui est donc de "revenir vers vous" concernant les innombrables (3 ou 4 quoi) annonces de "je-ne-vais-pas-êt'-là-parcque-gros-j'dessine-des-ptits-miqueys" et donc décrire ce qu'ont donné mes tentatives relativement récentes.

Alors ...

Il y a eu la bd dans l'espace un peu con-con que j'avais commencé tranquillement au boulot, au stylo bic sur un carnet (une page en exemple en dessous), et qu'avait bien avancé avant que je décide de la remastériser numériquement parlant ... (voir image ci dessous avant/après remasteurage)




Qu'est pour l'instant en plein coma.
Les médecins lui donnent que peu de chances de s'en sortir un jour.

Puis il a eu "Je", dont j'ai eu l'idée avant, et que j'ai réalisé surtout après (exemple en-dessous).




C'était censé être une oeuvre autobiographique.
Un joyeux bordel surtout.

Et puis entre temps, j'avais bien sûr fait un autre truc qui a duré qu'une dizaine de pages, appelée "Sleeping Hotline" qui racontait l'histoire plus ou moins délirante et étrange d'un mec dont le "boulot" et de donner des conseils téléphonique aux personnages de ses rêves.
L'histoire a fini par tourner en rond, à force de vouloir volontairement brouiller les piste entre le rêve et la réalité dans le récit.
J'ai fini par ne plus vraiment pouvoir m'y retrouver non plus ... dans un sens, on peut donc dire que la narration était réussie.

Puis, tirant des leçons de mes erreurs, j'ai décidé de me focaliser sur de courtes histoires, créant "月 light" ("Moon Light" donc, marque de soda dans l'histoire (light comme le soda avec moins de sucre), mais qui fait aussi moonlight = clair de lune), une série se passant dans un village étrange, entouré de toute part par un ravin, sans qu'aucun habitant ne s'en rende compte.
Le texte était constitué d'un mélange de japonais, d'anglais très très simple, et de pictogrammes.
Dans le premier épisode, le héros allait manger un hamburger, dans un rade tenu par un drôle de bonhomme aux allures d'alien, et trouvait dans son burger un jeton lui indiquant qu'il avait gagné un super prix. Il se rendait à l'adresse indiqué, retrouvait le même mec qui lui filait son prix, une montre, et se faisait voler cette montre par une petite fille d'1m95 en tutu, qui partait à toute allure sur un tricycle. Il la retrouve deux rues plus loin, complètement écrasée à la suite d'un carambolage, il prend la montre, et marche vers chez lui, pour découvrir que sa maison a disparu. Se retournant, il voit alors le drôle de mec/alien.


Le résultat :

Voilà. La première histoire était presque finie, et j'ai voulu (encore) la remastériser numériquement parlant, et comme j'ai un conflit d’intérêt avec mon scanner, celui-ci m'a salopé le travail, alors J'AI salopé mon travail dans un accès de rage désintérêt (remarquez que je suis meilleur que mon scanner à ce jeu-là).


Tout ça pour vous dire que je suis un autre homme maintenant.

J'ai escaladé la montagne de la sagesse, contemplé de son sommet mes rêves s'enfoncer lourdement dans la mer du désespoir, et j'ai retenu la leçon.
Oui.

Et donc, sans plus tarder, je vous annonce que je ne posterais que peu en ce moment, parce que je travaille sur un autre roman graphique, que je suis sûûûûûûûûûr je finirais.


Comme vous voyez, y'a du chemin parcouru graphiquement(hormis pour le lettrage catastrophique par instant, mais je corrigerais ça). C'est aussi mon premier travail colorisé, et j'ai pas encore toute l'histoire, même si j'en ai le squelette (et il est plus tordu que ce que j'ai fait avant ; je crois avoir inventé une nouvelle forme de braquage), et c'est un projet qui m’excite beaucoup, et il vaut mieux, parce que rien que cette planche m'a coûté pas loin de 10 heures de boulot (je suis très lent).
Je me suis personnellement promis que je ne ferais que ça les prochains temps, n'ayant de toute façon pas d'autre projet artistique valable en peinture, hormis imprimer quelques travaux pour une expo en Juin.
Je me suis par ailleurs rendu compte que je n'avais plus grand chose à dire côté peinture, donc si la bd fonctionne (comprendre là "est terminée un jour"), il est possible que je fasse principalement ce genre de truc à l'avenir.
Ah, une dernière note, pour ceux qui ne sont pas à l'aise avec l'anglais : ça ne sera qu'en anglais (je déconne pas, si je la fais éditer et que j'ai le choix d'en faire éditer à l’internationale (oui, je suis profondément réaliste), je refuserais une édition française).
Au delà du caprice personnel, c'est aussi pour des raisons pratiques : je me barre vivre en Grande Bretagne dans un an et demi, alors si je termine la bd, ça sera grosso-modo à cette période, et je serais peut-être tenté de la faire éditer sans vouloir me taper une traduction (qui sait, je pourrais avoir une autre crise de colère meurtrière 'existentialisme et tout effacer).

De plus, je voudrais pas dire, mais bon.
C'est pas comme si c'était une langue importante à apprendre aujourd'hui, hein ...
Feignasses.





(édit du moi du futur : t'aurais mieux fait d'apprendre le mandarin, crétin.)

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